Archives de catégorie : Expositions

Christophe GUERY – Enroulements

Du 13 mars au 18 avril 2014

« … La photo est pour moi histoire d’émotions. Celles qui me traversent en permanence, celles qui s’incrustent dans ma tête et tournent en mots, en lumières…
Je pose mon regard sur le monde, avec ou sans appareil. Il me faut du temps, j’ai besoin de lenteur. Ainsi, l’image qui naît parle aussi de moi, de mes fragilités, de ce qui est en creux en moi…

Autoportrait - C. Guery
Le contre-jour me va bien.
Il me faut de l’espace, du silence, pour voir, sentir, ressentir et cet espace, ce silence irriguent ma photo.
Ce que l’on voit, ce que l’on devine, ce qui échappe, ce qui affleure peut-être…
La mer, l’architecture, la nature ce sont des thèmes qui me parlent. Je les décline avec un attrait pour la lumière, la ligne, l’infini (ou à l’opposé le détail); la volonté « d’entrer » dans le sujet, un traitement « plastique » de ce que je vois.”

Christophe Guery

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La Métamorphose des ballerons
A propos des photographies de Christophe Guery

La photographie − on l’oublie souvent − est une pratique d’abstraction, et l’on reconnait le photographe à cette propension particulière qu’il a de ne retenir du monde visible que ce qui l’intéresse. Ainsi, les images de Christophe Guery se situent entre la photographie de paysage et la photographie d’architecture, entre toutes, monumentale : le paysage est le milieu dans lequel il opère, le monument est ce qu’il reste du paysage après qu’il en ait rêvé. Son objectif se focalise sur ces ballerons de foin enveloppés de plastic noir ; utiles à l’agriculture, leur exposition à ciel ouvert perturbe la beauté des campagnes en mêlant à la nature des matières qu’elle n’assimile pas.

Quand il s’approche de ces boules vernissées, Christophe Guery y voit des miroirs reflétant la lumière et les pourtours champêtres, comme si l’agriculteur avait créé une installation où son environnement se démultiplierait en une série de tableaux. Continuer la lecture

Rajak OHANIAN – Portrait d’une P.M.E.

Du 16 janvier au 28 février 2014

En 1999, Rajak Ohanian s’installe pendant six mois dans une entreprise d’impression sur tissu de la région lyonnaise. Il y réalise le portrait des trente-deux membres du personnel, ainsi qu’une série de photographies de l’usine.

L'USINE 2-02KRUCZEK- Marc

 

 

 

 

 

 

 

La lumière est naturelle…

” La lumière est naturelle. Il a donc fallu consentir aux caprices du temps, du temps météorologique. Il a fallu consentir, aussi, au rite et au temps de la pose. …
[…]

Et cependant , ici, nul dais à baldaquin, nul manteau royal. Pas même d’habit du dimanche. Le vêtement est celui-là “de tous les jours”, de l’un de ces jours ordinaires, de ces jours ouvrés qui n’appellent nul apprêt ou afféterie ; mais plutôt le simple confort, la protection contre le risque, la tolérance à la souillure. L’un de ces jours de prise de vue, comme un autre jour parmi les jours ouvrés.
[…]

Nous sommes dans le temps propre de la posture à laquelle chacun aura consenti : il a été posé. Que chacun aura adoptée : il pose. Face à l’opérateur. Dos au motif textile aléatoirement disposé. Jambes rarement écartées. Mains le plus souvent à l’aplomb du corps : paume aux trois quarts ouverte, paume à demi fermée, paume cachée ; les pouces, les doigts effleurant le tissu du pantalon.
[…]

Nous sommes dans le temps d’une rémanence. Rémanence d’une certaine chimie de la photographie : le temps de l’argentique ; le temps du Noir et Blanc et du doux « éboulis » de ses nuances. De l’ennoblissement par la transposition du motif dans le monde achromatique du dessin, de la gravure.
[…]

Par le truchement d’un photographe-processeur nous nous serons fait une « idée » d’une PME. Est advenue, en sus, par ce truchement, comme une ”démophanie” : l’apparaître, non d’hommes illustres, mais d’un ”peuple” ordinaire et ordinairement caché.

Philippe DUJARDIN – Juin 2001

 

Pavillon R – Regarder l’hôpital

Du 10 décembre 2013 au 10 janvier 2014

À l’origine il y a l’invitation faite aux étudiants des ateliers de photographie de l’INSA de Lyon et de l’Université Lyon 1 à venir ”regarder l’hôpital”. Sans a priori, sans volonté journalistique ou documentaire. Librement…

© Julien Minard

© Julien Minard

… L’exposition tirée de cette belle expérience, comme toute proposition collective, confronte plusieurs points de vue d’auteurs mais semble s’attacher en priorité aux soignants et à leur travail. De là, une impression domine : l’idée de regard. Évidemment préalable à toute photographie, cette idée est aussi très prégnante dans un service de soins.
Le regard du soignant vers le malade, et réciproquement, comme dans cette belle image de Martin Arnoux ou celui, concentré, lors du geste opératoire.

Les regards dont l’objet se dérobe au spectateur constituent un axe privilégié de l’exposition : dirigés vers des écrans de contrôle, des collègues ou des patients de l’autre côté d’une vitre, voire hors-champ. Ainsi, les photographies noir et blanc de Tristan Delizy procèdent toutes de la tension entre ce qui est montré et ce qui est absent du cadre.

Une référence historique vient à l’esprit. Wilhelm Röntgen découvre par hasard en 1895 que les rayons X impressionnent les plaques photographiques, permettant ainsi de ”voir” à travers le corps. Ce moment historique témoigne d’une volonté commune aux médecins et aux photographes – celle de réaliser des images pour montrer ce qui habituellement ne se voit pas.

Au fil des séances de réalisation de ce projet, nous avons pu voir l’hôpital d’une façon nouvelle. Nous remercions les personnels des services de cardiologie, imagerie et chirurgie orthopédique pour leur très chaleureux accueil.

 Julien Minard, responsable de l’atelier photo 2ème cycle de l’INSA

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Kristoffer ALBRECHT

Du 03 décembre 2013 au 18 janvier 2014

Galerie BU

Bibliothèque Universitaire
Domaine Scientifique de La Doua

Cette exposition s’intègre dans la programmation du festival « Un automne finlandais » en Résonance avec la Biennale de Lyon 2013.

Small Apples, 1984

Small Apples, 1984

Kristoffer ALBRECHT

Kristoffer Albrecht est un photographe finlandais, né en 1961.
Son travail a été exposé à de nombreuses reprises, tant en Finlande qu’à l’étranger.
La fabrication et l’édition de livres et de portfolios de photographies est une des composantes importantes de son travail artistique.
Il a enseigné la photographie pendant plus de 25 années, notamment à l’Université d’Art et de Design d’Helsinki, où il noue des rapports privilégiés avec Pentti Sammallahti ou Arno Rafael Minkkinen.
Il a publié une vingtaine d’ouvrages.
En 2001, il obtient un Doctorat en Art. Le sujet de sa thèse porte sur l’image imprimée et plus particulièrement sur l’impression des photographies dans le contexte artistique.
Actuellement, il travaille en artiste indépendant et bénéficie d’une bourse d’état de cinq ans de l’État finlandais.
Il habite et travaille dans la campagne près de la mer Baltique.

Ses œuvres figurent notamment dans les collections du Finnish Museum of Photography à Helsinki, du Moderna Museum à Stockholm, du Pushkin Museum à Moscou, de la Bibliothèque Nationale à Paris, du Metropolitan Museum of Art à New York.

Le travail d’Albrecht est intime, honnête et paisiblement beau. Ses images nous invitent dans un univers intemporel privé où les choses sont simples et sereines. De la même manière que la jeune femme  d’une de ses images nous offre gentiment une poignée de pommes fraîches ,  Kristoffer Albrecht nous offre gentiment ses photographies, ses méditations sur le monde caché des petits détails.

 

 

 

 

 

Pentti SAMMALLAHTI – Un automne finlandais

Exposition du 23 septembre au 29 novembre 2013
Prolongation jusqu’au 6 décembre 2013

En résonance avec la Biennale de Lyon 2013
En partenariat avec la Galerie Camera Obscura (Paris)

Mardi 24 septembre
> ENSSIB – 17h30 Conférence de Robert Pujade et présentation de l’exposition
> Galerie DOMUS – 18h30 Vernissage en présence de l’artiste

Jeudi 28 novembre
> Nuit Résonance, nocturne de 18h à 23h

Helsinki, Finlande, 1973

Helsinki, Finlande, 1973

L’exposition met en lumière des oeuvres de Pentti Sammallahti, photographe finlandais récemment remarqué lors des rencontres d’Arles et avec le livre Ici au loin publié par Actes Sud à cette occasion. Ses photographies, petits tirages noir et blanc ou panoramiques aux nuances subtiles de gris, montrent avec délicatesse la beauté des paysages enneigés, calmes et silencieux. La photographie de Sammallahti est une sorte d’odyssée de l’espace écrite par un homme du Nord qui sait transformer chacune de ses visions en conte intemporel.
Biennale de Lyon 2013

Les photographies de Pentti Sammallahti sont de celles qui peuvent être universellement comprises, reçues, admirées et chaque présentation au public emporte l’adhésion, voire l’enthousiasme. (…) Son travail est virtuose, plein d’humanité et d’humour. Il étonne par sa qualité plastique et parle aussi bien au connaisseur qu’au profane.
Galerie Camera Obscura

Comme aux plus beaux temps de l’art classique, cette photographie développe une apologie de la Nature dans ses multiples aspects, végétal, paysagiste, humain et psychologique, et plus qu’une apologie, l’art de Pentti Sammallahti délivre une véritable pensée plastique de la Nature.
Robert Pujade

Julien MINARD – Metal Bazaar

Du 17 septembre au 31 octobre 2013

Cité scolaire Niepce-Balleure

141, avenue Boucicaut
71100 Chalon-sur-Saône

Dans le cadre de son ouverture culturelle, à l’initiative de Nathalie PILLON, référent culture et de Sandrine CARNET, professeure d’arts visuels,  la Cité Technique Niepce-Balleure accueille  « METAL BAZAAR » de Julien Minard, exposition produite par la galerie DOMUS de l’Université Claude Bernard Lyon1, présentée à Villeurbanne en 2010.

Cette exposition s’intègre dans la continuité de l’enseignement des arts appliqués pour les élèves en chaudronnerie industrielle du lycée professionnel Julien de Balleure et dans la continuité de l’enseignement d’exploration Arts visuels des élèves en seconde du lycée Niepce.

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© Julien MINARD

Un Portrait de l’Inde

Habituellement, les reportages sur l’Inde nous repaissent du spectacle de foules grouillantes que bigarrent des saris safran ou fuchsia, où se détachent l’impression de sagesse d’une barbe blanche bien lissée, l’innocence d’enfants aux yeux grand ouverts et la misère dans toute sa splendeur.
Le propos de Julien Minard est totalement différent… Continuer la lecture

AILLEURS… ailleurs

Du 17 septembre au 31 octobre 2013
IUT CHALON-SUR-SAÔNE – Département GIM

1, Allée des Granges Forestier
71100 Chalon-sur-Saône

Grâce à l’invitation de Gianni PILLON, maître de conférences,  les étudiants et les personnels de l’IUT de Chalon-sur-Saône vont découvrir une sélection des images de l’exposition présentée à DOMUS en mars-avril dernier.

© Julien MINARD

© Julien MINARD

« … Dans un autre lieu. Autre part. L’ailleurs par définition est vague. Il n’est ni ici, ni là. Et pourtant…  » (Marie Noëlle Taine)

 

Lucile VAREILLES – Dit ist mein Berlin

Du 2 septembre au 25 octobre 2013
Bibliothèque de l’IUT – site de Bourg en Bresse

Présentées en 2011 à DOMUS, les images du parcours poétique berlinois de Lucile Vareilles retrouvent les cimaises, à la Bibliothèque de l’IUT Lyon 1 à Bourg en Bresse, grâce à la complicité de la conservatrice, Isabelle Landry, et au soutien de l’équipe de direction du site.

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Pour qui aime les voyages et la photographie, une ville prestigieuse n’est remarquable qu’en dehors des images publiques qui nous font faire le tour de ce qu’il faut absolument avoir vu afin de ne pas verser dans l’errance qui nous ferait perdre notre temps. En général, ces cartes postales et autres vues qui suivent ce principe d’économie du temps de loisir sont explicites et bien cadrées ; elles nous dispenseraient, à bien des égards, de faire le déplacement s’il ne fallait pas se plier à l’obligation de se rendre sur les lieux pour démontrer, en tentant de les plagier, que nous y fûmes. C’est dans la poursuite de cette perte de temps consacrée à l’errance que Lucile Vareilles a collecté une série d’impressions, liées aux apparitions soudaines des couleurs et des formes de son quotidien, qui déconstruisent les icônes officielles et nous proposent un Berlin bien à elle et pourtant proche de nous. Le titre donné à la série, Dit ist mein Berlin, revendique ce reportage d’un style inédit, celui de l’intimité d’un regard qui se cherche en même temps que la ville se découvre à lui, sans trajet préétabli, sans allégeance aux diktats touristiques.

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Marie Noëlle TAINE – Quotidiens singuliers

du 12 juin au 24 juillet 2013

La ”photographie de rue”, malgré les guillemets qu’on lui accole, malgré le sobriquet pseudo-scientifique de Street-Photography, n’est pas un genre photographique. Elle désigne avant tout un lieu de prédilection que partagent des photographes aussi différents qu’Eugène Atget, Weegee, Diane Arbus ou Robert Doisneau. La rue sert de toile de fond à des scènes d’humeur, de rixes, de cauchemar ou de tranquillité que ceux qui savent voir vont chercher le plus souvent au fond d’eux-mêmes.
Marie Noëlle Taine a tenté de recomposer cette trame propice à des évènements en tous genres en ne s’intéressant qu’aux aléas de la lumière qui dépeignent un décor abstrait où les aplats de couleur se détachent de zones d’ombre qui les mettent en évidence. On a l’impression que l’harmonie qui unit la couleur du ciel et celle des murs de la ville est un épisode éphémère recueilli à l’instant infinitésimal du déclenchement de l’obturateur, et qu’avant ou après l’instantané, un autre ordre, celui du banal, investit la quotidienneté ainsi surprise par la photographie.
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AILLEURS – Du 19 mars au 30 avril 2013

Hervé Guibert - Le rêve du désert © Galerie Agathe Gaillard

Hervé Guibert – Le rêve du désert
© Galerie Agathe Gaillard

Selon le Centre National des Ressources Textuelles et Lexicales, ailleurs est un adverbe de lieu désignant un endroit quelconque et indéfini à l’exclusion du lieu où se trouve le locuteur, du lieu envisagé par lui ou du lieu suggéré par le contexte. Dans un autre lieu. Autre part. L’ailleurs par définition est vague. Il n’est ni ici, ni là. Et pourtant.

Voici douze photographes qui proposent leur ailleurs, non pas dans le texte ou dans la langue, mais dans une géographie physique transformée par le regard, dans un espace imaginé ou fantasmé, dans un temps différé. Il faut ainsi se déplacer, se transporter en même temps que les images afin d’y pénétrer. On prend alors le risque d’atteindre une connaissance intime de lieux qui ne sont ni identifiés ni nommés. Ce sont des fragments du monde connu ou inconnu que les photographes explorent, interrogeant l’altérité mais aussi l’identité, le différent et le semblable. L’on s’aperçoit alors que ailleurs peut se révéler étonnement proche et absolument autre, concret et abstrait, présent et absent, dépouillé et complexe, qu’il ne se laisse pas saisir ainsi, que l’approcher requiert notre attention et même notre empathie, surtout lorsqu’il résiste. Ailleurs est dans une distance propre à chacun des photographes et aussi dans la relation qu’il y instaure. Parfois il suffit d’un pas de côté, d’un autre angle. Ni ici, ni là ? Pas toujours loin.
Marie Noëlle TAINE

Robert Abraham
Philippe Accary
Pierre Bonetto
Christophe Boulard
Hervé Guibert
Samuel Mailliot
Pascal Michalon
Patricio Michelin
Julien Minard
Noël Podevigne
Robert Pujade
Marie Noëlle Taine

« Le rêve du désert », photographie d’Hervé Guibert, © Galerie Agathe Gaillard