Cédric VIGNEAULT – Dans l’oeil de Naples

du 1er décembre 2015 au 15 janvier 2016

Vernissage le jeudi 3 décembre 2015 à 18h30, en présence de l’artiste

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© Cédric Vigneault

Naples, née Parthénope, se nourrit de mythologie depuis sa création et alimente un panthéon au culte vivace. Les figures sont parfois religieuses comme Saint Janvier ou Padre Pio. Mais le plus souvent elles relèvent d’une forme d’animisme : les crânes, Maradonna, le cheval de Virgile, les chanteurs neo-melodico ou encore la camorra.

© Cédric Vigneault

 Qui arpente les rues se retrouve au centre de cette spiritualité polymorphe, de cet « Oeil de la Providence » (tel que le qualifie l’écrivain Gustav Herling) qui peut tour à tour se révéler bienveillant ou funeste. On l’enrichit de ses propres fantasmes et à chaque pas on se laisse porter dans l’inconscient d’une ville.

 Dans l’oeil de Naples est composé de 30 photographies et d’un film (montage de sons pris à Naples et de photographies).

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© Cédric Vigneault

 

Cédric Vigneault est photographe depuis mai 2002. Il a réalisé et exposé différents travaux dont « Ceci n’est pas Cuba », « Veni vidi vixi », « Taccuino veneziano », « Chroniques parisiennes », « Camp de concentration pour population tsigane de Montreuil–Bellay », « La peau de Brest »,
« La salle des pas perdus…pour tout le monde ».

Christophe Guery – Enroulements

du 12 novembre 2015 au 12 février 2016

lundi – vendredi 9h-17h

logo IUTIUT Chalon sur Saône
Bâtiment Génie Industriel et Maintenance
1 Allée des Granges Forestier –
71100 Chalon sur Saône

Coproduite par la Galerie Domus en 2014
cette exposition est accueillie à Chalon sur Saône

à l’initiative de
Gianni PILLON – Responsable de la licence professionnelle AgroEquipements

Enroulements

« … La photo est pour moi histoire d’émotions. Celles qui me traversent en permanence, celles qui s’incrustent dans ma tête et tournent en mots, en lumières…
Je pose mon regard sur le monde, avec ou sans appareil. Il me faut du temps, j’ai besoin de lenteur. Ainsi, l’image qui naît parle aussi de moi, de mes fragilités, de ce qui est en creux en moi…

Autoportrait - C. Guery
Le contre-jour me va bien.
Il me faut de l’espace, du silence, pour voir, sentir, ressentir et cet espace, ce silence irriguent ma photo.
Ce que l’on voit, ce que l’on devine, ce qui échappe, ce qui affleure peut-être…
La mer, l’architecture, la nature ce sont des thèmes qui me parlent. Je les décline avec un attrait pour la lumière, la ligne, l’infini (ou à l’opposé le détail); la volonté « d’entrer » dans le sujet, un traitement « plastique » de ce que je vois.”

Christophe Guery

Voir : La Métamorphose des ballerons
 Texte de Robert PUJADE à propos des photographies de Christophe Guery

Julien MINARD – Metal Bazaar

 Du 28 septembre au 02 novembre 2015

Bibliothèque de l’IUT Lyon 1, site de Bourg-en-Bresse

71 rue Peter Fink
01000 BOURG-EN-BRESSE

Du lundi au jeudi de 9h à 17h, le vendredi de 9h à 11h30Rencontre avec l’artiste le mardi 13 octobre à 13H00 à la bibliothèque

Cette exposition, initialement produite et exposée par la Galerie Domus en 2010 a obtenu le Prix du Public du Centre Valéry Larbaud de Vichy en 2011.

Un entrepôt de ferrailleurs à New Gujry (Inde) a donné toute son inspiration à Julien 
Minard. 
Il nous offre ici une série de diptyques qui associent des portraits à des espaces 
de ce Metal Bazaar. 
Un sens aigu du cadrage, allié à une maîtrise parfaite de la lumière et de la couleur 
donnent à voir ici d'étonnantes compositions dans lesquelles un étrange mimétisme 
semble unir les hommes et les matériaux travaillés.
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© Julien MINARD

Un Portrait de l’Inde

Habituellement, les reportages sur l’Inde nous repaissent du spectacle de foules grouillantes que bigarrent des saris safran ou fuchsia, où se détachent l’impression de sagesse d’une barbe blanche bien lissée, l’innocence d’enfants aux yeux grand ouverts et la misère dans toute sa splendeur.
Le propos de Julien Minard est totalement différent… Continuer la lecture

Christophe Guery – Le Corbusier, espaces communs, espaces partagés

du 22 septembre au 30 novembre 2015

en résonance avec la Biennale de Lyon 2015
Vernissage le 22 septembre 2015 à 18h30, en présence de l’artiste

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© Christophe Guery, avec l’aimable autorisation de la Fondation Le Corbusier

« Les cousins les plus proches des photographes sont les architectes. (…) 
Comme nous ils naviguent entre les pleins et les vides, dans les questions de lumière, de lignes et de mouvement ; dans la recherche de cohérence entre son propre 
mode de vie, son idéologie,son histoire. Et tout cela finit par se relier. 
(…) la photo a le pouvoir de produire  des images (…) qui sont des fractions 
de secondes qui racontent des histoires complètes.»

Sebastião Salgado,
De ma terre à la terre, chemin faisant,  
Presses de la Renaissance, 2013

 

Ces mots accompagnent parfaitement la fascination du photographe Christophe Guery pour
Le Corbusier. Il nous invite ainsi aujourd’hui dans ces lieux souvent mal regardés, mal vus,
que sont les passages, les entre-deux…  Modelant les ombres et les lumières, il nous fait circuler dans les couleurs chères à l’architecte.
Si ses photos nous imposent une approche parfois brutale, elles révèlent aussi son cheminement vers une abstraction poétique et des obsessions de lignes.
Espaces communs, partagés, espaces sans qualités ?

 

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© Christophe Guery, avec l’aimable autorisation de la Fondation Le Corbusier

C’est vrai, j’ai toujours cette fascination pour le côté désuet des couloirs, des boîtes aux lettres, des signalétiques… tout autant que pour les lignes dépouillées qui ouvrent sur l’ailleurs.
De lieux en lieux ce sont ces passages qui m’attirent de jour comme de nuit. Certains nous enferment dans leur silence sombre, pourtant irradié par des touches rouges ou jaunes. D’autres nous perdent entre dedans et dehors, trompés par les transparences. D’autres encore ouvrent sur des couleurs lumineuses et nous conduisent en plein soleil. L’inattendu nous surprend souvent.
Le jeu des lignes et des couleurs donne vie… Des objets extraordinaires
– comme la lampe de Xenakis – s’invitent sur le parcours.

De l’ombre à la lumière nous sommes dans l’œuvre, le regard captivé de l’intérieur ou tourné vers l’extérieur. Oubliant l’apparente neutralité des lignes de béton, la luminosité du blanc méditerranéen, je jette un dernier regard de l’extérieur, sur les ouvertures colorées et ce cheminement résonne avec mon propre parcours, ma quête d’ouverture…

Christophe Guery

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© Christophe Guery, avec l’aimable autorisation de la Fondation Le Corbusier

Christophe Guery

Christophe Guery,

déjà exposé à la Galerie Domus en 2013 (Enroulements) , est photographe auteur
il vit en région lyonnaise.

http://www.christopheguery.com/

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 » Au fil des années, je reste passionné par l’art de la photo,
-pour « dire la vie » sans passer par les mots, nourri par le travail de mes « maîtres »,
-pour aller au-delà des apparences, aller vers la beauté, vers l’ouverture…
chercher à sortir de mes propres enfermements.

A travers le choix de mes sujets je parle de l’homme, même quand il n’est pas là, en visitant les lieux qu’il habite, les lieux où il « respire », où il travaille…

Je fais appel souvent à la photo panoramique pour l’espace qu’elle me donne et qui permet au silence et au temps de s’installer plus puissamment.
J’aime raconter une histoire.

Question plus que réponse, ma photo aime interroger, parfois déstabiliser, faire rêver ou même rassurer. Elle peut être brutale, frontale ou onirique, écrasée de lumière ou sombre, mais elle est ma vision du réel. »

« Ce réel () revisité, mais pas réinventé, ni reconstruit »
dit Olivier Prévôt de la Galerie du Curé (Luxembourg).

 Christophe Guery

 

Récentes expositions personnelles

2015
– Galerie Domus, Université Claude Bernard Lyon 1, Villeurbanne, « Le Corbusier, espaces communs, espaces partagés »
– Galerie du curé, Luxemburg, « Enroulements »

2014
– Galerie AXA, Lyon, « Architecture »

2013
– Cité Radieuse de Marseille, « Le Corbusier dans Le Corbusier » dans le cadre de MP 2 013
– Galerie Domus, Université Claude Bernard Lyon 1, Villeurbanne, « Enroulements »
– Espace Confluences-Polycarpe, Lyon, « Le silence habité »
– Diocèse de Lyon, « Au fil de l’eau »

2012
– M.A.C., Pérouges, « Lignes et Courbes du Béton »
– Espace Confluences-Polycarpe, Lyon, « Au fil de l’eau »

Récentes participations à des expositions collectives

2013
– Le Briscope, Brignais, Collectif 6, « 4 photos collectives »

2012
– Design-Tour, Hôtel Le Corbusier, Marseille, « Formes lumière »
– Salon de la photo de Mornant, Invité d’honneur, « Les Boules »

Nicolas Coltice – Fragments du sensible

du 9 juin au 24 juillet 2015
Vernissage le mardi 9 juin à 18h30

photo_site_nicolas » Présence attentive et silencieuse, Nicolas Coltice promène son regard comme dans un film devant une réalité par définition imposée. Derrière le viseur, se tenant toujours à respectueuse distance, il transforme cette matière pour la rendre intime et faire naître des moments sensibles où la couleur est absente, comme pour ne garder – et ne montrer – que l’essentiel. Un essentiel qu’il faut chercher au fond de soi autant que sur l’image. De ces bouts de film, de ces séquences, des ces images, parfois sous l’apparence de la banalité, il sourd une poésie, à la fois ténue et prégnante, pour qui sait en franchir le seuil. Nicolas Coltice finit par nous guider vers une réalité qui est la sienne et dans laquelle il faudrait bien se rappeler, à l’instar de Gilles Deleuze, que « l’ordre apparent peut être renversé ».

Marie Noëlle Taine

Nicolas Coltice a 39 ans, il est professeur à l’Université Claude Bernard Lyon 1, en géologie…

Claudine Doury – Sasha

Du 7 avril au 2 mai 2015

GALERIE BU

Bibliothèque Universitaire
Domaine Scientifique de la Doua

©Claudine Doury/Agence VU'/La Galerie Particulière

©Claudine Doury/Agence VU’/La Galerie Particulière

Sacha, qui fut petite fille, a grandi. Sacha devient une jeune fille et se cherche aussi bien dans le miroir que dans le territoire qui fut celui, originel, de sa mère. Un territoire de forêt, de magie et d’images donc, de ces territoires dans lesquels on peut inventer contes et illusions, croiser des elfes et recouvrir de boue son corps qui change, qui devient un instant statue éphémère et sort ensuite de sa gangue. Un monde aquatique aussi, comme pour une renaissance dont la pureté se parera de robes blanches pour fêtes de contes de fées d’un autre âge. On pourra marcher sur les eaux, en avoir l’illusion au moins, comme l’on rêvait, plus jeune, de voler. On pourra ressortir de l’eau, en compagnie de la copine, l’amie, le double, coiffées d’algues vertes, devenues le temps d’une baignade des personnages sans identité dans une nature intouchée. Il y aura la tentation d’Ophélie quand l’eau, parfaitement étale, en miroir, laissera apparaître le seul visage et une certaine gravité. Comme souvent, on sentira que tout se passe à l’intérieur, qu’il s’agit d’indicible. On pourra jouer, à la limite du cauchemar qui  guette tous les rêves, s’enterrer à moitié dans le grand champ d’herbe, puis redevenir une autre et s’attarder, sérieuse, à contempler les limaces qui ne font pas vraiment la course. On pourra détenir le renard mais on s’enfuira dans un grand envol de poussière blanche, de bribes de temps. Puis, un jour, on coupera la tresse blonde et on la conservera comme la photographie conserve dans le miroir l’image du visage. Son visage ? Un autre visage ? Temps de doute.

Christian Caujolle

Claudine Doury – Artek

Du 16 mars au 24 avril 2015

8h-20h du lundi au vendredi, 9h-12h le samedi

Mercredi 8 avril à 14h30, conférence L’adolescence dans l’histoire de la photographie par Robert Pujade, enseignant-chercheur, Esthétique et Sciences de l’Art

Ecole Nationale Supérieure des Sciences de l’information et des Bibliothèques – enssib
17-21 bd du 11 novembre 1918 – 69100 Villeurbanne

©Claudine Doury/Agence VU'/La Galerie Particulière

©Claudine Doury/Agence VU’/La Galerie Particulière

C’est une fiction qui dure depuis trois quarts de siècle, à la fois grandiose et dérisoire, sublime et cauchemardes­que, et qui invente, par-delà l’histoire, son propre temps, ses propres règles, ses rites et ses rêves. Un lieu parfait, donc, pour que s’exprime l’intensité des émotions adolescentes des jeunes gens et des jeunes filles auxquels Artek est dévolu…

C’est là que tout a commencé en 1925, avec la création de la République des Pionniers. À la fragilité des tentes du dé­but ont succédé des constructions en dur, des installations confortables, de cantines en dortoirs, de gymnases en belles salles de spectacle. Aux milliers d’enfants méritants ont succédé les rejetons de la nouvelle classe dirigeante, celle de l’argent roi et des enrichisse­ments contestables. Mais Artek reste un îlot hors du temps où une forme singulière de «communisme libéral» s’est mise en place, où l’on achète à prix fort un bonheur factice pour des enfants qui, le temps d’un été, pourront vivre à la fois hors du temps réel et se plonger dans un passé qu’ils n’ont pas connu et qui projetait pour eux un monde idéal. Artek installe des adoles­cents dans un espace, dans un temps et dans des fonctionnements qui les détachent du réel, ils s’y échappent de la contingence pour laisser s’exprimer leurs doutes, leur identité, leurs contra­dictions et leurs désirs.

Christian Caujolle

Extrait de la préface du livre
Artek, un été en Crimée,
Éditions de la Martinière, 2004

Claudine Doury – Loulan Beauty

Du 16 mars au 24 avril 2015

Galerie DOMUS
Rencontre avec l’artiste le mercredi 8 avril à 12h45

©Claudine Doury/Agence VU'/La Galerie Particulière

©Claudine Doury/Agence VU’/La Galerie Particulière

Le projet Loulan Beauty de Claudine Doury prolonge l’approche documentaire qu’elle a menée dans l’ancienne Union Soviétique, particulièrement en Sibérie et en Ukraine. Le nom d’emprunt de cette série photographique fait tout d’abord référence à un ancien royaume situé aux confins de l’Asie Centrale et de la Chine, dans l’actuelle province de Xinjiang, mais aussi au surnom donné à l’une des quelques deux cents momies découvertes en parfait état de conservation dans cette région à la fin du 20ème siècle.

Loulan Beauty est une femme aux cheveux longs, aux pommettes saillantes et au nez proéminent, ce qui ne lui confère pas les caractéristiques physiques du type chinois et, pour ces raisons elle est l’innocente responsable de disputes contemporaines, historico-politiques, destinées à répondre à la question : quels furent les premiers habitants de ces contrées inhospitalières de la Chine de l’Ouest ?

Plus de quatre mille années séparent le reportage photographique de cette découverte archéologique et le titre choisi par Claudine Doury est un repère temporel qui mesure l’étendue de son observation : dans une visée diachronique, la photographe part à la recherche des ethnies multiples qui se sont succédées au cours des millénaires et qui ont laissé leur empreinte dans la culture d’aujourd’hui.

Loulan Beauty représente aussi le symbole qui illustre la démarche documentaire de Claudine Doury, et de son point de vue féminin dans le reportage qui se remarque sur le plan méthodologique, tout d’abord : la photographe ne se contente pas d’une simple visite auprès des habitants du Kazakhstan ou de l’Ouzbékistan, elle partage la vie quotidienne des communautés féminines qu’elle fréquente sur le long terme. Les prises de vue sont l’aboutissement d’un apprentissage sur le terrain des modes de vie et du travail des personnes qu’elle côtoie. Sur le plan des sujets photographiés, on remarque une attention particulière portée à la condition féminine : on peut voir, en effet, de jeunes femmes appliquées à la confection de vêtements poursuivant des usages ancestraux. Et, dans le fil narratif de son parcours, des portraits de petites filles en tenue d’écolière ou d’adolescentes pensives sont pris de manière frontale et constituent des moments de recueillement ou de réflexion dans l’histoire de la condition féminine.

La forme narrative de cette approche documentaire tient aussi au fait que le passé semble toujours persistant dans le présent photographié. On remarque les effets miroirs produits par des images dans l’image : La Famille de Silkhon, par exemple, représente un mur recouvert de photographies de différentes époques, ou la petite Madina qui pose en un plan rapproché tenant dans ses mains un portrait de sa mère. Mais pour Claudine Doury, les couleurs et la lumière qu’elle recueille de façon très personnalisée permettent une retranscription poétique de la vie qui semble défier le temps : couleurs parfois crayeuses comme dans certaines vues en technicolor d’autrefois ou fortement contrastées quand dans une même photo le registre pastel s’allie aux tonalités les plus vives.

Dans Loulan Beauty la photographie accompagne bien un périple géographique – le voyage qu’effectue la photographe en Asie Centrale – mais elle se lance à travers tous les moyens qui lui sont propres dans une traversée du temps. Les paysages qui jalonnent cette série ne sont pas seulement le décor contextuel des histoires de vies mais des espaces en mutations, comme la mer d’Aral devenue désertique ou ces minarets qui surplombent le déluge de sable écoulé dans ces terres depuis des siècles.

Le projet photographique de Claudine Doury intervient lui-même dans une période de transformation liée à la chute de l’Empire soviétique qui favorise les retours à la tradition. Ces changements politiques récents inspirent à la photographe une géo-poétique, un conte d’images où les souvenirs archaïques affleurent au présent pour construire le rêve d’un avenir incertain.

Robert Pujade

 

Nicolas Coltice

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« Je suis né il y a 39 ans à Bourg-en-Bresse, et je suis professeur en géologie à Lyon.
J’ai été marqué dans mon enfance par les photos en noir et blanc des vacances familiales autour de la méditerranée.
En sortant d’un film sur James Nachtwey, Sébastien un ami cinéaste m’a poussé à faire des photographies lors de mes voyages en solitaire. Il m’a aidé à trouver un appareil d’occasion, puis Ian, un ami photographe américain m’a donné plus tard un nouvel appareil et des conseils.

J’ai réalisé des photos pour des projets artistiques,
comme la pochette du disque « Lisières » de Bruno Ruder.

Je suis attiré par le noir imperméable, le blanc solaire et la douceur des nuances grises.
Je ne fais que de l’argentique car j’aime sentir les mécanismes depuis mon ressenti jusqu’au le film, sans électricité. J’ai l’impression qu’il y a un procédé sur le fil avec des aspérités qui fera vivre un instant.

Fragments du sensible est la première exposition de mes photographies. »

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L’ordre apparent peut être renversé

« C’est une phrase que Gilles Deleuze utilise lorsqu’il parle de l’acte de création et de la société de contrôle. Contrairement à l’information ou la communication qui représentent l’ordre, l’œuvre résiste à la mort. Les photographies ont l’art de renverser, de donner l’impression d’êtreoutil de communication mais de ne pas l’être. 
Rien n’est réel et tout est réel. 
Celui qui les regarde en fait ses histoires. 
Il y a le hors champ qui n’est pas là mais qui est présent, qu’on 
imagine. Quand je fais des photographies, ce n’est pas la peine pour moid’imaginer avoir un contrôle. Je ne sais même pas ce qu’il va se passer sur le film, avec les réactions chimiques dans la boîte noire, 
et il n’est pas question de passer quelque message conscient. 
Pourtant, j’ai l’impression que c’est un moyen pour moi 
de résister aux enfermements en me reliant à l’intime. »

Nicolas Coltice