Archives de catégorie : Artistes

Julien MINARD

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Je suis né en 1978, je vis à Lyon.

Pour me joindre : contact@julienminard.com

http://www.julienminard.com/
page facebook : www.facebook.com/minardphotographie

 

FORMATION

Agrégé en arts plastiques (2005) et diplômé ingénieur INSA en construction mécanique (2001).
En 1997, je commence à pratiquer la photographie.
2007-2008, je séjourne un an en Inde.

PUBLICATIONS

Les séries Distance, Vanités, METAL BAZAAR et Portraits/Situations ont fait l’objet d’un catalogue dans la collection seize et demi, éditée par l’université Claude Bernard Lyon 1.

EXPOSITIONS PERSONNELLES

# 2015 – Galerie L’Abat-jour, Lyon  – « SLEEPERS »
# 2015 – Galerie l’Œil Vintage, Lyon  – « Etats des Lieux »
# 2014 – ENSSIB, Lyon  – « METAL BAZAAR »
# 2013 – Cité Niepce-Balleure, Châlon-sur-Saône  – « METAL BAZAAR »
# 2012 – Galerie DOMUS – Université Lyon 1  – « Vanités »
# 2010 – Pavillon du Verdurier, Limoges, Itinéraires photographiques en Limousin  –  « METAL BAZAAR »
# 2010 – Galerie DOMUS – Université Lyon 1  –  « METAL BAZAAR »
# 2006 – Bibliothèque Universitaire de l’Université Lyon 1  –  « Portraits/Situations » (suite) et « Série du dimanche »
# 2005 – Médiathèque Philippe Vial, Voiron, 17ème festival « La photo fait son cinéma »  – « Portraits/Situations »
# 2003 – Galerie DOMUS – Université Lyon 1 – « Vestiges »

 

EXPOSITIONS COLLECTIVES

# 2013 – Galerie DOMUS – Université Lyon 1  – « AILLEURS »
# 2013 – Hochschule, Wismar, Allemagne, « Du Rhône à la Baltique »  – « Vanités »
# 2013 – Représentation du Land de Mecklenburg-Vorpommern auprès de l’UE, Bruxelles, Belgique  – « Vanités »
# 2010 – Maison de l’Espagne, Aix-en-Provence, PHOT’AIX 2010  – « Vanités »
# 2007 – INSA, Hall des expositions du centre des humanités, Lyon  – « Persistent et signent… » Commissaire de l’exposition : Noël Podevigne.
# 2007 – Ecole Buissonnière, Paris  – « Silence ou presque »
# 2006 – APACC, Montreuil.
# 2006 – Galerie La Maison du Bailly, Epinal  – « D’homme à Homme », exposition du collectif Envol, présentée par Patrick Jacques.
# 2003 – L’indépendance, Paris  – « L’indépendance comme asile »

Sandrine LAROCHE

Nouvelle 11_02« Je suis née à Angers d’une famille de musiciens, et ai commencé très tôt l’apprentissage de la musique. En grandissant, j’ai poursuivi des études supérieures de piano et de musicologie. J’ai appris le tirage argentique dans un club photo –‐ ce qui m’a permis de concrétiser ma passion de l’image –‐ et bien que je réalise une bonne partie de mon travail photographique sur pellicule, je pratique aussi la photographie et retouche numérique : la série « mirage » en est l’exemple. Aujourd’hui, parallèlement à mon métier de pianiste, je ne cesse de photographier.

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Je photographie le monde qui m’entoure, ou plutôt je m’entoure d’un monde que je photographie. J’aime capter l’état limite. Les fêlures des êtres et des choses m’interpellent. La littérature, la danse, le cinéma et la musique me nourrissent, deviennent parfois même des références. Depuis quelques années je me consacre à l’autoportrait, de sa forme la plus « banale » (portrait, nu) à sa forme la plus étrange et insolite ( radiographie, corps en surimpression avec des pierres, pose longue, mise en scène…). Au–‐delà d’un rapport narcissique à l’image, il y a la notion de cheminement intime, de voyage initiatique. Un témoignage de ma vie ? Dans la série « mirage », le temps se suspend dans un mouvement, qui va en grandissant. Le corps semble alors s’extirper de lui-même. »

Sandrine Laroche

http://sandrinelaroche.art.free.fr/

Pascal MICHALON

Maître de conférences à l’Université Claude Bernard Lyon 1,
Pascal Michalon est titulaire d’un Doctorat de Biochimie et d’une Licence en Histoire de l’Art.
Initiateur de nombreuses manifestations dédiées à la photogaphie (expositions, conférences…), il fonde la Galerie DOMUS dans les années 2000, sur le campus de La Doua.
Son implication marquée dans la vie culturelle de l’établissement le conduira à devenir
Chargé de Mission aux Affaires Culturelles de cette université à vocation scientifique,
pendant quatre années (2003 à 2007).

La Collection 16 1/2, comptant à ce jour trente numéros, plus deux hors séries, a été crée à son initiative : catalogues des expositions de la Galerie, monographies publiées en collaboration avec des auteurs et des galeristes et consacrées à des travaux marquants en photographie
contemporaine.

Parallèlement à ses fonctions universitaires il est engagé dans une activité d’auteur
photographe. Son travail s’articule, dans un concept de série, autour de l’architecture
et du paysage. Ses images témoignent de la mutation des zones urbaines et péri-urbaines et
interrogent sur la présence et la trace de l’humain dans le paysage.

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Campus [ hors saison ]

Souvent j’ai eu le sentiment de ne photographier que des décors de cinéma en attente du retour des acteurs. Est-ce dû à mon admiration pour ceux qu’Alexandre Trauner a réalisés avec talent que je photographie ces paysages vides ? Je ne sais pas, c’est possible. Il me semble cependant que c’est dans ces instants dénués de nécessité que les lieux, dans leur paisible vacuité, s’offrent à nous et laissent plus volontiers transparaître leurs fonctionnements intimes.

Aujourd’hui, après avoir sillonné le littoral hivernal délaissé par les estivants (La Plage) et traversé la tristesse dominicale des sites industriels (Lovely Sundays), voici la quête de mes nouvelles pérégrinations, puisée cette fois-ci, sur un campus universitaire [hors saison].

L’Université Lyon 1 a joué et joue encore un grand rôle dans mon existence. J’ai souffert sur ce campus triste, gris et déshumanisé lors de mes études en me promettant de ne jamais y remettre les pieds une fois celles-ci terminées. Le destin en a voulu autrement puisque j’y suis revenu en tant qu’enseignant. Au fil du temps et des rencontres je me suis investi dans l’action culturelle et sociale pour essayer (modestement) de mêler les sciences et l’art et d’ouvrir ce monde universitaire, trop monolithique à mon avis, vers d’autres horizons[1].

Avec cette série de photographies c’est une visite du campus scientifique de l’Université Lyon 1 que je propose, une balade détournée dans cet univers à l’apparence bien terne. Parfois, certaines images, miroir d’une morosité ambiante, semblent ne renvoyer qu’un reflet du manque chronique de moyens de l’Enseignement Supérieur. D’autres, plus optimistes, dévoilent que ce « Grand Corps Négligé » possède toujours un potentiel surprenant. C’est cette singulière capacité de résilience qui lui permet de traverser tant bien que mal les épreuves du temps et celles imposées par la pénurie.

Un peu d’histoire 

« Lyon n’a pas le lustre d’un long passé universitaire et le Moyen-Age ne lui a pas légué la gloire d’une Sorbonne ni les titres de noblesse scientifique qui font l’orgueil de Montpellier, Oxford ou Salamanque. [2]». Cette phrase résume bien le besoin de reconnaissance de la jeune Université Claude Bernard Lyon 1. Celle-ci a été créée par décret en décembre 1970 et est éclatée sur plusieurs sites dont le principal demeure le Campus de la Doua[3] à Villeurbanne.

Ce dernier a été inauguré en 1957, avec l’implantation de l’Institut National des Sciences Appliquées de Lyon (INSA Lyon), sur un ancien camp militaire. La faculté des Sciences de l’université de Lyon n’arrivera qu’en 1963 à la place de l’ancien hippodrome. Ces deux établissements universitaires ont été ordonnancés par le même architecte, Jacques Perrin- Fayolle[4], Grand Prix de Rome en 1950.

L’histoire a mal commencé car ce campus, coincé entre la digue du Grand Camp et les quartiers populaires, n’a jamais été pensé comme un véritable quartier de Villeurbanne. Grand, clôturé, difficile d’accès, mal desservi par les transports en commun il est rapidement devenu une zone grise ignorée de la cité. Dès le début une coupure s’est dessinée entre l’école d’ingénieurs et l’université et l’on peut aujourd’hui se demander si c’est vraiment le même architecte qui les a conçues. Ainsi, à l’opposé de l’INSA, structure primitive équilibrée autour du bâtiment des Humanités, la Faculté des Sciences s’articule, elle, sur une immense perspective aux résonances staliniennes formée par deux longs bâtiments d’enseignement qui dirigent le visiteur jusqu’à la Bibliothèque Universitaire. Cette dernière, construite sur un petit monticule comme une forteresse du savoir, domine le paysage : c’est le point central du campus qui paradoxalement l’unifie et le partage…

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Visite guidée 

A une époque où le béton était roi on n’a pas lésiné sur la matière première. Les bâtiments de recherche, rangés perpendiculairement aux bâtiments d’enseignement,  semblent avoir subi un obsédant clonage modulaire. Ici, c’est le Royaume de l’Orthogonal. Continuer la lecture

Christophe Guery

Christophe Guery,

déjà exposé à la Galerie Domus en 2013 (Enroulements) , est photographe auteur
il vit en région lyonnaise.

http://www.christopheguery.com/

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 » Au fil des années, je reste passionné par l’art de la photo,
-pour « dire la vie » sans passer par les mots, nourri par le travail de mes « maîtres »,
-pour aller au-delà des apparences, aller vers la beauté, vers l’ouverture…
chercher à sortir de mes propres enfermements.

A travers le choix de mes sujets je parle de l’homme, même quand il n’est pas là, en visitant les lieux qu’il habite, les lieux où il « respire », où il travaille…

Je fais appel souvent à la photo panoramique pour l’espace qu’elle me donne et qui permet au silence et au temps de s’installer plus puissamment.
J’aime raconter une histoire.

Question plus que réponse, ma photo aime interroger, parfois déstabiliser, faire rêver ou même rassurer. Elle peut être brutale, frontale ou onirique, écrasée de lumière ou sombre, mais elle est ma vision du réel. »

« Ce réel () revisité, mais pas réinventé, ni reconstruit »
dit Olivier Prévôt de la Galerie du Curé (Luxembourg).

 Christophe Guery

 

Récentes expositions personnelles

2015
– Galerie Domus, Université Claude Bernard Lyon 1, Villeurbanne, « Le Corbusier, espaces communs, espaces partagés »
– Galerie du curé, Luxemburg, « Enroulements »

2014
– Galerie AXA, Lyon, « Architecture »

2013
– Cité Radieuse de Marseille, « Le Corbusier dans Le Corbusier » dans le cadre de MP 2 013
– Galerie Domus, Université Claude Bernard Lyon 1, Villeurbanne, « Enroulements »
– Espace Confluences-Polycarpe, Lyon, « Le silence habité »
– Diocèse de Lyon, « Au fil de l’eau »

2012
– M.A.C., Pérouges, « Lignes et Courbes du Béton »
– Espace Confluences-Polycarpe, Lyon, « Au fil de l’eau »

Récentes participations à des expositions collectives

2013
– Le Briscope, Brignais, Collectif 6, « 4 photos collectives »

2012
– Design-Tour, Hôtel Le Corbusier, Marseille, « Formes lumière »
– Salon de la photo de Mornant, Invité d’honneur, « Les Boules »

Nicolas Coltice

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« Je suis né il y a 39 ans à Bourg-en-Bresse, et je suis professeur en géologie à Lyon.
J’ai été marqué dans mon enfance par les photos en noir et blanc des vacances familiales autour de la méditerranée.
En sortant d’un film sur James Nachtwey, Sébastien un ami cinéaste m’a poussé à faire des photographies lors de mes voyages en solitaire. Il m’a aidé à trouver un appareil d’occasion, puis Ian, un ami photographe américain m’a donné plus tard un nouvel appareil et des conseils.

J’ai réalisé des photos pour des projets artistiques,
comme la pochette du disque « Lisières » de Bruno Ruder.

Je suis attiré par le noir imperméable, le blanc solaire et la douceur des nuances grises.
Je ne fais que de l’argentique car j’aime sentir les mécanismes depuis mon ressenti jusqu’au le film, sans électricité. J’ai l’impression qu’il y a un procédé sur le fil avec des aspérités qui fera vivre un instant.

Fragments du sensible est la première exposition de mes photographies. »

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L’ordre apparent peut être renversé

« C’est une phrase que Gilles Deleuze utilise lorsqu’il parle de l’acte de création et de la société de contrôle. Contrairement à l’information ou la communication qui représentent l’ordre, l’œuvre résiste à la mort. Les photographies ont l’art de renverser, de donner l’impression d’êtreoutil de communication mais de ne pas l’être. 
Rien n’est réel et tout est réel. 
Celui qui les regarde en fait ses histoires. 
Il y a le hors champ qui n’est pas là mais qui est présent, qu’on 
imagine. Quand je fais des photographies, ce n’est pas la peine pour moid’imaginer avoir un contrôle. Je ne sais même pas ce qu’il va se passer sur le film, avec les réactions chimiques dans la boîte noire, 
et il n’est pas question de passer quelque message conscient. 
Pourtant, j’ai l’impression que c’est un moyen pour moi 
de résister aux enfermements en me reliant à l’intime. »

Nicolas Coltice

Luca Gilli

est né en 1965. Il vit et travaille à Cavriago dans la province de Reggio Emilia. Docteur ès Sciences Naturelles à L’Université de Parme, il travaille, depuis plusieurs années comme photographe et consultant dans le domaine de l’environnement et de la faune au service des parcs naturels, des écoles et des instituts universitaires.

En 1998 il ouvre un studio de graphisme et d’édition.Son travail photographique est souvent exposé en Italie et à l’étranger, tandis que ses reportages ont été publiés dans de nombreuses revues nationales et internationales. Luca Gilli a aussi publié plusieurs livres et ses travaux sont présents dans les catalogues de plusieurs expositions collectives.
Ses photographies font partie des collections privées et des musées de la photographie et de l’art contemporain italien et européen : Bibliothèque Nationale de France – Paris, Musée de la Photographie Charleroi – Belgique, Kunstbibliothek – Berlin, Musée d’Art Moderne et Contemporain – Strasbourg, Musée Réattu – Arles, École Nationale Supérieure des Beaux-Arts – Paris, Museum of Photography – Thessaloniki, etc.)

Principales expositions : 

2003 : Charleroi – Musée de la Photographie.
2004 : Paris – Maison Européenne de la Photographie. Invité comme auteur à la projection «L’Ecole de Reggio Emilia».
2005 : Alexandrie – Musée Mahmoud Saïd
2005 : Le Caire – Institut Culturel Italien.
2007 : Lyon – Galerie Domus Université Claude Bernard 1
2011 : Reggio Emilia – Fotografia Europea
2011 : Milan – Photo Art Fair
2011 : Arles – Rencontres de la Photographie
2012 : Nantes – Galerie Confluence de
2012 : Paris – Foire d’art contemporain Paris Art Fair,
2012 : Paris – Galerie Claude Samuel
2012 : Milan – Image Art Fair
2012 : Lille – Maison de la Photographie
2013 : Lille – Lille Art Fair
2013 : Milan – galerie 10Due!
2013 : Milan – International Research Contemporary Art
2013 : Montechiarugolo – Palais d’expositions de la municipalité
2013 : Turin – Galerie Weber & Weber arte contemporanea
2013 : Arles – Musée Réattu exposition Nuage
2014 : Nantes – Galerie Confluence
2014 : Séoul – The Museum of Photography – Italian Nostalgia
2014 : Lyon – Galerie Domus Université Claude Bernard 1
2014 : Lyon – Ecole Nationale Supérieure des Sciences de l’Information et des Bibliothèques

 

Pentti SAMMALLAHTI

Solovki, mer Blanche, Russie, 1992.

Solovki, mer Blanche, Russie, 1992.

Pentti Sammallahti est né en 1950 à Helsinki dans une famille d’artisan (Son père était orfèvre). Il est le petit-fils de la photographe Hildur Larsson, d’origine suédoise.
Dès son adolescence, il commence à pratiquer avec passion la photographie et le tirage. Il rejoint le Camera Club d’Helsinki à 14 ans.
Il étudie l’histoire de l’art, la musicologie et les mathématiques à l’université.
Parallèlement, il commence à travailler pour de petits périodiques culturels et s’occupe du laboratoire du photographe Matti A. Pitkänen.
Sa première exposition personnelle a lieu en 1971.
En 1974, il expose au Musée de la photographie d’Helsinki et commence à enseigner (École d’art de Lahti, Université d’art et de design d’Helsinki).
La reconnaissance de son travail se confirme en 1975 lorsqu’il reçoit le prix national finlandais de photographie, qu’il obtiendra à nouveau en 1979, 1992 et 2009.
En 1991, l’octroi d’une bourse artistique d’état pour une période de 15 ans lui permet de quitter l’enseignement et de se consacrer à son oeuvre.
Première exposition en France en 1996 (Institut Finlandais, dans le cadre du Mois de la Photo).

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LE SILENCE DES ESPACES

L’œuvre de Pentti Sammallahti, en majeure partie consacrée au paysage, renouvelle ce genre grâce à une poétique de l’insolite qui tire sa puissance d’un savante maîtrise des gradations extrêmes du noir et du blanc. Sa représentation du monde, née d’une exploration minutieuse des potentialités de la vision photographique, se pose en contrepoint face à la tendance contemporaine des grands tirages : le photographe finlandais privilégie en effet les points de vue panoramiques en petit format. Cette forme élargie du champ de vision ne délimite aucun lieu précis, aucune autre destination qu’une perte de vue où s’engouffre le silence à travers des étendues d’eau, de clairières ou de neige. La vastité paysagère ainsi découverte devient une scène où des acteurs muets, la plupart du temps des animaux domestiques, sont saisis dans des situations incertaines que l’on associerait volontiers à des personnages de fables.

Cet effet de narrativité est en grande partie le fait d’une écriture photographique très personnalisée, particulièrement dans le traité de la couleur où la violence des contrastes du noir au blanc renforce les effets de sens et enclenche l’illusion d’une intensité dramatique. Dans les paysages de la Mer Blanche en Russie, la neige est si omniprésente que les hommes et les bêtes paraissent des pièces rapportées, comme s’ils avaient été détourés d’un autre décor et abandonnés aux forces du blizzard. Quelque part dans les îles Solovski, la réverbération de la neige confère, par un effet de contrejour, une importance de personnage à quatre chiens errants sur une route : un Husky assis sur une motoneige préside cette parodie de Conseil tenu par les chiens et autour de son profil hautain, l’un de ses semblables s’incline tandis que les autres tentent de rouscailler. Plus étrange encore, le cas de ce petit lapin blanc qui, recevant à lui seul toute la lumière qui n’illumine pas le sous-bois devant quoi il se tient, transforme une obscure futaie de bouleaux en un univers de livre pour enfants (Signilskar, Finlande – 1974).

Comme aux plus beaux temps de l’art classique, cette photographie développe une apologie de la Nature dans ses multiples aspects, végétal, paysagiste, humain et psychologique, et plus qu’une apologie, l’art de Pentti Sammallahti délivre une véritable pensée plastique de la Nature. Un panoramique vertical (Swayambhunath, Népal – 1994) en fournit une illustration métaphorique : un singe, assis dans une attitude pensive, reçoit l’ombre d’un arbre déployé à la manière d’une gorgone et les ramifications infinies de la frondaison occupent toute la hauteur de l’image, comme si la matière végétale produisait le graphe du réseau neuronal qui aurait conçu une telle beauté.

Par ses choix de photographe et de coloriste du noir et blanc, les grandes scènes d’extérieur de Pentti Sammallahti finissent par refléter un monde intérieur : la symbolique manichéenne noir/blanc joue pleinement sa puissance d’évocation extraordinaire, comme dans cette photographie nocturne (Martinmere, Angleterre -1996) où sont confrontées, dans un entrelacs de formes aussi complexe que dans une gravure d’Escher, une population de cygnes blancs et une marée de canards sauvages. Comme dans certains panoramiques de Joseph Koudelka, le grand angle hypertrophie la valeur signifiante de l’image et le sujet de la photographie n’est plus seulement le paysage comme représentation de la Nature mais le partage d’une vie intime avec le silence des grands espaces et quelques signes de vie qui dérangent leur uniformité.

L’exploration de l’œuvre de Pentti Sammallahti nous conduit dans des chemins qui pourraient nous faire passer d’une phénoménologie du regard à une phénoménologie de l’intériorité.

Robert PUJADE

Vuonninen, Carélie, Russie, 1991

Vuonninen, Carélie, Russie, 1991 

Volkmar HERRE

Si, sans ambiguïté, les images de Volkmar HERRE peuvent être qualifiées de « Paysages » et ainsi appartenir à cette grande catégorie de l’expression artistique, on se rend très vite compte qu’elles sont habitées par une certaine étrangeté, dont on ne perçoit pas, au premier coup d’œil, la nature.

À la netteté sans faille de certains éléments, s’opposent  un voile, une incertitude, qui brouillent la perception d’autres parties du paysage. La raison de cette étrangeté réside dans le mode opératoire choisi par l’auteur : le STENOPE /CAMERA OBSCURA.
On ne peut faire plus simple qu’un sténopé : c’est une simple boite noire percée d’un trou minuscule… Continuer la lecture